28 mai icon-arrow-circle-right 17 juillet 2010
Etant à l’initiative de ce projet, les artistes questionnent l’univers de l’expérience. On compare parfois le travail du créateur à celui du scientifique ou du savant fou. Cette exposition met en évidence les joies de la création. À l’instar du professeur S. Priford, ces chercheurs ne sont pas en mal d’idées, quitte à redoubler d’inventivité pour arriver à leurs fins. Si certains travaillent dans l’exaltation du faire, d’autres ont le geste précis et minutieux. Nombre d’œuvres sont réalisées à partir d’outils ou de machines. En effet, malgré ici et là, la trace de ce que l’on pourrait qualifier de résidus d’atelier, l’exposition se présente comme un (bilan de mi parcours) étalage des recherches en cours, en un mot une esthétique du chaos organisé. Tenter une expérience, c’est aussi risquer l’échec. Qu’il s’agissent d’accumulation ou de modification du matériau l’efficacité du geste n’a qu’un but : servir le maître mot de l’exposition : le plaisir.
Forme de réminiscence de l’atelier de bricolage, Antoine Nessi propose deux sculptures. Elles sont perçues au départ comme de simples formes abstraites, mais rapidement certains détails permettent de comprendre l’origine de ces formes. Ces volumes sont obtenus par un processus de moulage et présentent ces machines sous formes de portraits.
Les toiles et dessins que Frédéric Sanchez réalise s’inspirent de choses que l’on peut voir dans l’atelier, des cartons, des bâches et des chutes de planches. L’œuvre abstraite est suggérée, voir même fantasmée bien qu’il n’y ait jamais vraiment de passage à l’acte. “La série de monochromes intitulée Rechutes est un travail autour de l’idée de châssis de forme (shaped canvas). Ici, la forme des châssis est trouvée sur des chutes de planches laissées par des artistes. Chaque pièce de bois est évidée pour obtenir une structure semblable à un châssis sur lequel on tend une toile. Ce procédé produit de nouvelles chutes que l’on traite à leur tour de la même manière jusqu’à épuisement du stock de chutes. La couche monochrome rappelle la couleur de la planche d’origine, d’où le titre. Il y a là la volonté de recycler des rebuts d’atelier avec humour vu qu’en définitive on débouche sur des réalisations aux allures de déchets améliorés. »